Au collège échevinal
Mesdames,
Monsieur,
Permettez-moi
de vous féliciter pour le travail fourni et les quantités importantes
d’informations mises à la disposition du citoyen. Les documents publiés sur le site Internet de la commune permettent de se faire une idée sur
pleins d’aspects concernant notre commune et pourraient contribuer même à
formuler certains programmes politiques futurs. Par ailleurs, la publication récente de l'étude préliminaire illustre bien la richesse de notre commune.
Néanmoins,
cette opinion personnelle ne permet pas automatiquement de conclure à une
démarche politique transparente, participative et démocratique dans
l’élaboration du projet du PAG. Il faut constater, une fois de plus (voir
fusion), que les citoyens sont confrontés
à une politique du fait accompli parce que la démarche politique ne fait
que respecter le minimum des contraintes légales de forme. Il reste au citoyen
peu de temps pour consulter et étudier les documents en vue de se faire une
opinion fondée sur le futur PAG. Il est vrai que le PAG ne change pas
grand-chose pour maints citoyens. Ainsi, pour une maison unifamiliale construite
sur un terrain restant classé comme zone d’habitation-1, le propriétaire n’aura
probablement pas beaucoup à redire, sauf si des servitudes d’urbanisation importantes lui
seront imposées à l’avenir, ne lui permettant plus de disposer de sa propriété
à sa guise. Je trouverais plutôt normal dans ces derniers cas, qu’un dialogue
ait été mené avec les propriétaires connaissant des changements
substantiels avant de publier le projet
du PAG. Par ailleurs, une telle démarche aurait permis d’éviter un certain
nombre d’erreurs qui ont pu se glisser dans les documents. Beaucoup de
conflits potentiels auraient peut-être pu être ainsi évités. Il est vrai qu’il
se pourrait qu’une suite favorable ne puisse être donnée à toutes les remarques
et observations du citoyen à cause de certaines contraintes légales ou à cause
de décisions de principe retenues par la politique. Mais cette démarche aurait
au moins eu le mérite d’une démarche participative en ne mettant pas certains
citoyens devant des faits quasi-accomplis qui lui tombent comme « une
tuile sur la tête », avec peu de moyens pour se défendre. Connaissant,
suite à ce dialogue préalable, les motivations de certaines décisions
politiques, le propriétaire aurait peut-être pu les accepter plus facilement ou
s’en accommoder, même à contrecœur.
Permettez-moi de signaler que même des « petits »propriétaires ont parfois des problèmes pour évaluer leur situation. Ainsi, certains terrains sont affublés d’une servitude d’urbanisations, sans que le propriétaire trouve une quelconque indication des raisons y relatives Certains terrains ne sont par ailleurs pas numérotés, faisant qu’il est difficile de faire correspondre un texte de la SUP aux différents schémas. Ce qui manque dans la SUP d’une manière générale est une carte comprenant tous les terrains numérotés dans le cadre des servitudes d’urbanisation.
Le PAG
reflète en principe et d’une manière générale aussi un mode de vie communale à
moyen et long terme par la configuration physique communale mise en œuvre par
le PAG pour soutenir une certaine qualité de vie sociétale. Le résultat du
referendum concernant la fusion me semble avoir montré que les citoyens de la
commune de Fischbach recherchent plutôt une vie conviviale dans leur commune pour
des raisons de qualité de vie et ont refusé lors du referendum les perspective
d’une commune « Filano » trop grande, peut-être aussi à cause de la peur
d’une perte d’autonomie d’organisation communale et d’un certain
« phagocytage » par les communes ayant plus de poids et étant moins
bien loties. Il faut cependant aussi dire clairement que le résultat du
referendum est un hommage indirect à la politique communale menée par nos
échevins et conseillers qui ont pu offrir une qualité de vie appréciable aux
citoyens de la commune (autrement la fusion aurait était le moindre mal), sans
dire par là que « tout était et va pour le mieux dans le meilleur des mondes ».
Ainsi, les commentaires autour de l’échec du referendum ont aussi montré que la
politique d’intégration lors du processus de la fusion n’a nullement donné
satisfaction. Cela me semble un point important dans le cadre de l’envergue du
développement des commune à long terme.
Le projet
de PAG reflète des approches plutôt mégalomanes en matière de développement
sans relation avec le caractère propre de la commune et semble nullement correspondre
aux vues des citoyens. Le développement préconisé, trop important à mon avis, ne
rencontre en toute logique que l’intérêt de certains propriétaires
(spéculateurs ?) qui peuvent ainsi valoriser des terrains importants si
ceux-ci seront classés comme constructibles à l’avenir. Il ne faut pas oublier
que Mersch est définie comme CDA régional et se trouve à côté de la porte de
notre commune.
La
stratégie de développement communale aurait dû être discutée dans une démarche
participative citoyenne contradictoire avant l’élaboration du projet du PAG,
mais sans tomber dans le travers du style des workshops « alibi » mis
sur pied lors de la fusion qui étaient modérés dans un esprit que la fusion
était acquise d’office.
Les
remarques de la SUP et de certains avis de la politique nationale vont dans le
sens du constat d’un développement exagéré du projet du PAG. Il semble évident
que les conclusions de la SUP préconisent une occupation du sol d’au maximum 13
ha sur les prochaines 12 années, et ceci conformément aux préceptes du PDD recommandant
une « Eigentwicklung » intégrée.
« Allgemeine Zusammenfassung de
SUP »:
Des projections démographiques basées sur
l’existant et d’autres recommandations de développement ont donné lieu, selon
l’étude préparatoire, à plusieurs scénarios :
L’étude préparatoire précise encore :

Or les terrains actuellement constructibles
suffisent plus que largement pour couvrir ces besoins.
Il me semble probable que le scénario 1, plus
ou moins similaire en volume de développement au scénario 5, soit le plus adéquat
pour une croissance modérée, permettant une intégration adéquate des nouveaux
« arrivants ». Ceci me semble d’autant plus vrai que la population a
progressé ces dernières années de 30 % au lieu des 10 % préconisés et que la
commune dispose en quelque sorte d’une « avance » en matière de
développement. Cette approche correspond aussi aux vues du PNDD.
Ceci a évidemment des conséquences au niveau du
PAG. Si je peux être d’accord de
privilégier le développement à Angelsberg pour des raisons fondées et bien
argumentées, il n’en reste pas moins que la surface des nouveaux terrains
constructibles est plus qu’exagérée. Par ailleurs, le fait qu’il y ait une
intention de la politique de procéder elle-même au PAP, pour déterminer le rythme
du développement, est fallacieuse dans le sens qu’il n’y ait aucune garantie
que les politiciens actuels soient encore à l’œuvre après 2018. Dans ce même
ordre d’idée, prévoir des zones d’aménagement différées ne donne aucune idée de
la vitesse réelle de développement urbain réelle par après. Ce concept pourrait
mener à une urbanisation trop rapide, ne permettant pas une intégration réussie
des nouveaux arrivants. Aussi faudrait-il revoir l’approche de ces zones
d’aménagement, dans le cadre des zones de PAP projetées et des zones d’aménagement
différées, après un dialogue avec les propriétaires concernés.
L’avis ci-après va dans le même sens.
Un argument parfois avancé pour un
développement plus intensif consiste à dire qu’il faut amortir les
installations et infrastructures communales à moyen et long terme. Il faut
d’abord faire remarquer que des infrastructures trop importantes coûtent
« la peau des fesses », aussi bien en investissements qu’en coûts de
fonctionnement. Il serait aberrant de construire des infrastructures trop
importantes pour argumenter par après qu’il faut drainer plus d’habitants pour
justifier un tel développement exagéré. Cela consiste « à mettre la
charrue avant le bœuf » (faire preuve d'un illogisme ou d'un manque de
sens pratique certain selon certaines définitions de cette expression). Il
faut, à mon avis, définir d’abord une progression démographique raisonnable en
fonction des caractéristiques de notre commune et des ressources naturelles
consommables ainsi que celles devant être préservées (définir en fait des
plafonds de développements sur maints plans) et en déduire l’importance des
infrastructures communales et par conséquent un plafond de la population à long
terme. Ceci n’exclut pas qu’il puisse arriver que les infrastructures
planifiées à long terme pourraient s’avérer trop importantes par rapport à la
situation à certains moments. Pourquoi ne pas prévoir des infrastructures
modulaires flexibles qui peuvent changer de cible et de fonction. Par exemple,
si à un certain moment, les infrastructures scolaires s’avèrent trop grandes,
on pourrait s’imaginer par exemple qu’elles puissent être converties assez
facilement (durablement ou provisoirement) en infrastructures/installations
pour le troisième et quatrième âge. Ceci aurait même l’avantage que des jeunes
et des « vieux » (encore faut-il savoir quand on se croît vieux) se
côtoient dans l’objectif d’une école de la vie pour les jeunes, sans parler du
plaisir que des « vieux » puissent prendre à un tel contact.
Dans le cadre de ces considérations, il me
semble opportun que les 2 nouveaux quartiers (faisant partie de 6,38 ha) situés
au Sud de l’école actuelle à Angelsberg devraient être enlevés du PAG.
Par ailleurs, dans la suite de ces réflexions
de reclasser la zone des 2,37 hectares (PAP actuellement) et de transférer ce
potentiel dans une nouvelles zone d’habitation (les 6,38 hectares) où il faut
créer toutes les infrastructures, alors que la zone des 2,37 hectares est
entourée d’infrastructures. Par ailleurs, pourquoi affubler ces terrains
(actuellement plutôt un champ de cailloux et de pierres) de zones de servitude
d’urbanisation de type « Ortsbild » parce que du côté de la rue de
Mersch, il y a le projet d’une zone d’habitation-1 dont les futures maisons
vont de toute façon cacher la zone de jardins familiaux. D’ailleurs, ce
seraient les jardins familiaux de qui ? Des propriétaires actuels (il y en
a combien ?) ou est-ce que la commune envisage d’acheter ces terrains pour
en faire des « Schrebergarten » qu’elle va louer à des personnes
intéressées (ceux qui habitent actuellement des appartements ?). Par ailleurs,
pourquoi créer des zones horticoles au centre d’Angelsberg alors que toutes les
localités de la commune sont entourées d’une nature d’une grande beauté. Cette
argumentation ne tient rationnellement pas la route (à moins que je ne sois pas
au courant de certains aspects) et me permets d’émettre l’hypothèse qu’il y a « anguille
sous roche ».
Aussi me permets-je de demander au conseil
communal, selon les développements antérieurs, de reconsidérer sa politique de développement communal et de se conformer
strictement aux principes/injonctions du PNDD ainsi qu'aux recommandations de la SUP, et ceci dans l’intérêt d’une vie sociétale conviviale dans
notre commune. Je m'oppose donc formellement aux objectifs de développement préconisés ainsi qu'à l'augmentation de la surface des terrains constructibles de l'ordre de 6 hectares à Angelsberg par les reclassements projetés.





Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire